ORIGINES DE NOS ANCÊTRES

Le deuxième article de ce blog est consacré à une présentation rapide – rapide pour moi, certainement pas pour la majorité d’entre vous ! – de nos ancêtres en prenant pour base les parents de mes huit arrière-grands-parents. De cette dernière génération, je n’ai connu qu’une de mes arrière-grands-mères. J’avais un peu plus de six ans lorsqu’elle s’est éteinte. Et attention les générations futures c’est la minute anecdote : le jour de ses obsèques correspond au premier jour de ma vie d’écolière (je pense que c’est aussi valable pour mes frères) où j’ai déjeuné à la cantine de l’école. Pour des raisons évidentes, mes parents n’avaient pu ce jour-là nous ramener à la maison pour la pause de midi. Et si je m’en rappelle si bien, c’est parce qu’en fin de journée, ma grand-mère était passée s’enquérir de ce premier déjeuner pris en milieu hostile ; après l’avoir rassurée, je lui demandai à mon tour ce qu’elle faisait ainsi vêtue de noir des pieds à la tête (oui, ma grand-mère aimait beaucoup les chapeaux). C’est parce que nous avons enterré Mémé, m’a-t-elle répondu, comme je suis sa fille, je dois être habillée en noir. Dossier clos, je n’ai pas posé d’autres questions.

Mémé, 1969 et 1974.

BRANCHES PATERNELLES

  • Lecomte / Rigault : Les deux familles sont, d’aussi loin que j’ai pu remonter les branches, originaires du nord de l’Yonne. La majorité de ces ancêtres sont nés et ont vécu à l’est de Sens, dans un triangle géographique délimité par Fouchères, Villebougis et Saint Valérien ; triangle duquel ils ne sont que très rarement sortis. Une minorité vient du nord de Sens, à la toute limite de la Seine-et-Marne, des villes de Sergines ou encore Serbonnes. Tous vivaient de travaux de la terre ou de la ferme.
  • Nocart / Nicolas : Ces deux branches sont d’abord originaires de la Meuse (Bar-le-Duc, Verdun, Biencourt-sur-Orge). Si la seconde est à priori ancrée dans ce département depuis très longtemps, la première quant à elle est venue de communes situées à l’est de Reims, à cheval entre les Ardennes et la Marne (Aubérive, Suippes, Semide). Même si l’on croise à nouveau quelques cultivateurs, c’est plus dans l’industrie du textile que nous rentrons ici puisque beaucoup sont tisserands, couturières, fileurs.
  • Scheffer / Gillet : Alors là, on arrive sur les branches qui font mal aux yeux et à la tête. A peine une génération dans la Meuse, et nous partons très rapidement, et alternativement – c’est beaucoup plus drôle – au Luxembourg et dans la Marne. Je passe sur le patronyme Scheffer qui se décline à toutes les sauces selon la commune… Et j’essaie d’oublier que certains actes sont rédigés en Allemand. La seconde branche part se promener vers la Moselle et la Haute-Marne. Pas mieux ! Nous y croisons toujours quelques ancêtres qui travaillaient la terre, ou le textile. Apparaissent aussi des forgerons et des maçons.
  • Chenin / Ponsignon : Retour sur des recherches plus calmes puisque ces deux branches sont posées et remontent uniquement dans la Meuse, en l’état actuel de mes recherches. La première tourne autour de Saint-Mihiel et Lachaussée, au sud de Verdun. La seconde prend ses racines à Clermont-en-Argonne et à Lemmes, pas très loin non plus de Verdun. En plus des métiers précédemment cités qui sont présents ici aussi, nous croisons en remontant l’arbre un fondeur en étain et un aubergiste.
Forge Scheffer.

BRANCHES MATERNELLES

  • Meyer / Audibert : Départ pour la Suisse avec cette première branche, et plus particulièrement le village de Rüdlingen dans le canton de Schaffhausen. C’est bien évidemment en Allemand que sont rédigées les archives de cette contrée alors que ça aurait pu être en Français, ou en Italien… Pourquoi faire simple ? Chez les Audibert, on se dirige d’un côté vers le Vaucluse, au village de Pertuis et de l’autre en Haute-Saône autour de Vesoul. Belle amplitude géographique n’est-ce pas ?! À nouveau nous retrouvons des métiers de la terre à quelques exceptions près. Le premier tailleur de pierre fait son apparition, métier qui a une importance non négligeable dans notre héritage familial.
  • Levy / Moulé : Pas de dispersion au programme pour ces branches qui naviguent gentiment dans les Yvelines en vallée de Chevreuse, et dans l’Essonne. Pas de surprise non plus pour les métiers qui s’articulent autour de la terre et des bois. Quelques cabaretiers et marchands de vin font tout de même varier les plaisirs. Et je me rends compte en direct que je ne suis pas remontée si loin que cela sur ces familles. Qui sait, de nouveaux voyages nous attendent peut-être au détour d’un registre à explorer.
  • Jonon / Petit : Les premiers sont bien installés dans les Yvelines du côté de Maule et en Eure-et-Loir autour d’Anet. Une branche cependant au niveau de la génération 6 s’est rapprochée de l’Ile-de-France en venant du Calvados, et prend racine au sud de Caen. Les Petit eux sont presque Parisiens et sont installés à Nanterre et à Suresnes. Les blanchisseurs côtoient les épiciers et les marchands charcutiers viennent compléter l’éventail classique de métiers déjà croisés. Une profession qui a perduré jusqu’au 20e siècle dans la famille et dont on a beaucoup entendu parler.
  • Rabutté / Duteil : La première branche est un bonheur à pister lorsque les registres deviennent illisibles. En effet, ce patronyme n’étant pas répandu, il se repère facilement. Les Rabutté sont originaires de l’Oise, à l’ouest de Beauvais et se concentrent sur deux ou trois villages. La branche maternelle vient aussi de l’Oise, un peu plus au sud du département. Le feuillage composé de la famille Duteil est originaire dans sa presque majorité du Mesnil-le-Roi dans les Yvelines. La seule digression est une branche à la génération 9 qui part d’un côté en Haute-Vienne et de l’autre dans les Hauts-de-France. Encore une drôle d’amplitude géographique ! Ici les cultivateurs se mêlent aux vignerons et aux travailleurs du bois. Un serrurier et un tailleur de pierre font office d’exception.
Charcuterie Jonon.

THAT’S ALL FOLKS

C’en est fini pour cette énumération peut-être un peu indigeste à lire, mais qui me paraissait incontournable à poser pour présenter nos origines. Si au premier abord et au vu des générations les plus proches, l’étude de l’histoire familiale semble simple et plutôt bien regroupée par région, de beaux voyages à travers presque tout l’hexagone se présentent finalement, avec quelques incartades dans des pays frontaliers. Et je n’ai pas abordé ici nos ancêtres et collatéraux Suisses qui sont allés tenter l’aventure de l’autre côté de l’Atlantique, sans compter qu’il semblerait que certaines branches lorraines aient aussi été attirées par l’Amérique…