TROIS PETITES REINES…ET PUIS S’EN VONT ?

Nos animateurs de GENEATECH nous proposent en juillet de coller à l’actualité du mois et de rédiger un généathème autour de « nos ancêtres et la petite reine ». Voici trois anecdotes familiales retrouvées dans nos souvenirs et aussi un peu par hasard.

VIRÉES À VÉLO SOUS L’OCCUPATION

À la lecture du thème, se présentent tout de suite à mon esprit les histoires que notre grand-mère Madou nous racontait sur ses déplacements à bicyclette, notamment dans les années 40, lorsqu’il fallait promener des biens pas tout à fait autorisés au nez et à la barbe de l’occupant. Je ne me rappelle pas clairement les anecdotes relatées – notez, notez, notez ! – mais je me souviens bien qu’elle était très fière d’avoir réussi à passer notamment de la nourriture (son père et son grand-père étaient charcutiers) d’un point A à un point B dans des conditions qui n’étaient pas particulièrement recommandées.

Au-delà de ces transgressions qui semblent ne l’avoir jamais mise en danger, ce qui aujourd’hui m’interpelle, c’est que généralement, le point A était Versailles et le point B, le Mesnil-le-Roi, deux communes distantes de 20/25 km dans les Yvelines. Ce sont des villes où nous allons régulièrement, pour notamment rendre visite à nos aïeux qui y reposent dans leur dernière demeure. Aujourd’hui, nous passons bien évidemment du point A au point B en voiture… et lorsque je mesure la distance et les dénivelés rencontrés, j’ai toujours une pensée pour elle dans les plus grosses montées (ou descentes !) me faisant la réflexion qu’elle devait avoir une sacrée forme et un sacré … coup de pédale.

Illustration : aucune date n’est mentionnée sur ce cliché mais les tenues et les coiffures laissent penser que cette photo a bien été prise dans les années évoquées. Notre grand-mère est au second plan, et je ne veux pas savoir ce qu’il y a dans cet énorme sac qui semble peser une tonne.

DÉFI PERSONNEL OU PARI ENTRE AMIS ?

En parlant de distances et de dénivelés, j’ai appris tout récemment, en évoquant ce généathème à mes proches, que notre père avait aussi passé un temps certain au guidon d’une petite reine pour se rendre de la région parisienne à une commune de l’Yonne, pas bien loin de Sens, où se trouve la propriété ancestrale de notre branche paternelle. Je ne saurais dire en quelle année cette performance fut réalisée ni le pourquoi du comment de cet épisode, mais notre père aura ainsi parcouru environ cent-vingt kilomètres sur un vélo dont le confort devait être loin de ce que nous connaissons aujourd’hui, et sur des routes qui n’étaient sans doute pas entretenues très régulièrement.

Illustration : le petit garçon de cinq ans qui pose fièrement sur son premier tricycle imagine-t-il qu’il ira quelques années plus tard rejoindre ses grand-oncle et tante en pédalant sur plus d’une centaine de kilomètres ?

BÉNIE SOIT LA SÉRENDIPITÉ

C’est en plongeant dans le carton à trésors pour rechercher les deux illustrations précédentes que s’est retrouvée entre mes mains une photo que j’ai mille fois vue passer, mais à laquelle je n’ai jamais fait plus attention que cela. Le généathème du mois aidant, je l’ai cette fois-ci examinée plus sérieusement. Encore mieux, j’ai déchiffré les mentions qui ont été apposées au dos « Premier Pas Dunlop, 1943 ». En m’y penchant un peu plus près j’ai reconnu notre grand-père Jean. Avec tous les outils dont nous pouvons bénéficier, et après quelques mots clés tapés sur le clavier, j’ai pu avoir la confirmation que notre grand-père avait bien disputé une manche du Premier Pas Dunlop, épreuve ancêtre du Championnat de France officiel de la course en ligne junior homme (pour ceux qui s’y connaissent…). Il a même fait l’objet d’une ligne dans le journal Les Nouvelles de Versailles. Cette année-là, un certain Louison Bobet disputait cette même épreuve. Et même si je n’y connais absolument rien en cyclisme, je sais à quelle discipline se rattache ce nom, pour avoir maintes fois entendu notre grand-père en parler.

Illustrations : notre grand-père Jean à l’arrivé de l’épreuve, qu’il conclut en seizième position, est à gauche sur la photo. À droite un homonyme, très probablement de Versailles également pour être mentionné dans le journal de la ville. Les 17 tournants évoqués dans la brève situent la manche du 4 avril 1943 dans les Yvelines, du côté de la vallée de Chevreuse. L’édition du journal est datée du 7 avril de la même année.

 ET PUIS S’EN VONT ?

Non ! bien sûr que les tricycles, vélos de course, vélos de loisirs et autres bicyclettes n’ont pas été (totalement) remplacés par des véhicules motorisés par la descendance des protagonistes ci-dessus. Preuve en est cet éventail bien fourni et joliment mis en scène par une des petites-filles du garçonnet au tricycle, arrière-petite-fille des deux autres sportifs. Merci à Ch@rline et à son équipe d’assistants pour ces sympathiques photos plus que contemporaines, puisque prises cette semaine dans la maison de famille, où aucune excuse n’est recevable lorsqu’il s’agit d’aller faire une balade à vélo : il y en a pour tous les âges et pour toutes les tailles ! 

8 commentaires

  1. Chère Béa.
    Si je peux me permettre un petit ajout sur le marché noir auquel s’adonnait Madou. Pour ma part elle m’avait parlé d’aller et retour entre La mesnil le roi et Nogent le Rotrou soit, selon un calculateur d’itinéraire, 129 km (environ 10h) X2. Elle allait chercher chez les Dourdoine quelques victuailles difficiles à trouver en région parisienne.
    Merci en tout cas pour tes recherches et le partage de celles-ci.
    François

    Aimé par 1 personne

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